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mise à jour le 6/05/2007

PAUL WATZLAWICK

PAUL WATZLAWICK (1921-2007), l'une des figures de proue de l'école de Palo Alto
Philosophe et psychothérapeute autrichien. Watzlawick est l'une des figures de proue de l'école de Palo Alto. Après un doctorat en philosophie et langues modernes, il devient analyste jungien en 1954, puis part enseigner la psychothérapie au Salvador. En 1960, il découvre les travaux de l'équipe de Gregory Bateson sur la communication et le rôle des paradoxes dans la genèse de la maladie mentale (théorie de la double contrainte). Cette vision interactionnelle du comportement humain lui laisse entrevoir des possibilités théoriques et thérapeutiques intéressantes. Il s'associe à l'équipe du Mental Research Institute (MRI) de Palo Alto et prolonge les travaux de Bateson en développant une "pragmatique de la communication" interpersonnelle dont il précise les applications psychothérapeutiques. Depuis 1967, il fait partie, avec R. Fisch et J. Weakland, du Centre de thérapie brève du MRI qui s'efforce de formaliser le processus du changement thérapeutique. Ils ont élaboré une méthode de résolution des problèmes psychologiques basée sur une conception interactionnelle du comportement et l'utilisation de techniques spécifiques (souvent paradoxales) de changement. Pour Watzlawick, "nous faisons nous-mêmes notre malheur", en nous efforçant de reproduire des solutions qui se sont avérées efficaces par le passé alors que notre contexte de vie s'est modifié. Le travail du thérapeute consiste à amener ses patients à renoncer à leurs "essais de solution" infructueux; il peut y parvenir en modifiant leur vision du problème (recadrage) ou par le biais d'expériences nouvelles souvent induites par des recommandations paradoxales du thérapeute (injonctions comportementales).
Pour Watzlawick, la psychanalyse fait fausse route en se focalisant sur les causes passées des symptômes; il met en doute le rôle de la prise de conscience et de l'analyse dans le processus de changement; c'est en se comportant différemment que les patients dépassent leurs difficultés.
Dans l'esprit de Karl Popper, Watzlawick estime que la psychothérapie doit limiter ses prétentions au soulagement de la souffrance et éviter les objectifs utopiques (transparence de la communication, connaissance de soi, recherche du bonheur,…). Ces attentes démesurées, ainsi que les paradoxes du type "sois spontané" dans lesquels nous nous enfermons tous bien souvent, sont d'ailleurs pour lui les causes principales des difficultés psychologiques.
Grand pourfendeur des systèmes de pensée fermés sur eux-mêmes, de toutes les idéologies, Watzlawick propose une solution plus souple à notre quête de cohérence intellectuelle. Les théories ne sont que des constructions mentales, affirme-t-il, des "modèles" qu'il ne faut pas prendre pour le phénomène modélisé: nous construisons notre réalité. C'est probablement là le message essentiel des théories "contructivistes" que Watzlawick a contribué à diffuser tant dans les milieux scientifiques que dans le grand public. Personne ne peut revendiquer une "meilleure" vision de la réalité qu'un autre au nom de quelque critère objectif que ce soit, seule l'utilité du modèle pour la résolution du problème à traiter peut en justifier l'usage et la valeur.

DECES DE PAUL WATZLAWICK
Avis publié avec l'autorisation de la famille Watzlawick
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