| PAUL
WATZLAWICK
PAUL WATZLAWICK (1921-2007),
l'une des figures de proue de l'école de Palo
Alto
Philosophe et psychothérapeute autrichien.
Watzlawick est l'une des figures de proue de l'école
de Palo Alto. Après un doctorat en philosophie
et langues modernes, il devient analyste jungien en
1954, puis part enseigner la psychothérapie
au Salvador. En 1960, il découvre les travaux
de l'équipe de Gregory Bateson sur la communication
et le rôle des paradoxes dans la genèse
de la maladie mentale (théorie de la double
contrainte). Cette vision interactionnelle du comportement
humain lui laisse entrevoir des possibilités
théoriques et thérapeutiques intéressantes.
Il s'associe à l'équipe du Mental Research
Institute (MRI)
de Palo Alto et prolonge les travaux de Bateson en
développant une "pragmatique de la communication"
interpersonnelle dont il précise les applications
psychothérapeutiques. Depuis 1967, il fait
partie, avec R. Fisch et J. Weakland, du Centre de
thérapie brève du MRI
qui s'efforce de formaliser le processus du changement
thérapeutique. Ils ont élaboré
une méthode de résolution des problèmes
psychologiques basée sur une conception interactionnelle
du comportement et l'utilisation de techniques spécifiques
(souvent paradoxales) de changement. Pour Watzlawick,
"nous faisons nous-mêmes notre malheur",
en nous efforçant de reproduire des solutions
qui se sont avérées efficaces par le
passé alors que notre contexte de vie s'est
modifié. Le travail du thérapeute consiste
à amener ses patients à renoncer à
leurs "essais de solution" infructueux;
il peut y parvenir en modifiant leur vision du problème
(recadrage) ou par le biais d'expériences nouvelles
souvent induites par des recommandations paradoxales
du thérapeute (injonctions comportementales).
Pour Watzlawick, la psychanalyse fait fausse route
en se focalisant sur les causes passées des
symptômes; il met en doute le rôle de
la prise de conscience et de l'analyse dans le processus
de changement; c'est en se comportant différemment
que les patients dépassent leurs difficultés.
Dans l'esprit de Karl Popper, Watzlawick estime que
la psychothérapie doit limiter ses prétentions
au soulagement de la souffrance et éviter les
objectifs utopiques (transparence de la communication,
connaissance de soi, recherche du bonheur,
).
Ces attentes démesurées, ainsi que les
paradoxes du type "sois spontané"
dans lesquels nous nous enfermons tous bien souvent,
sont d'ailleurs pour lui les causes principales des
difficultés psychologiques.
Grand pourfendeur des systèmes de pensée
fermés sur eux-mêmes, de toutes les idéologies,
Watzlawick propose une solution plus souple à
notre quête de cohérence intellectuelle.
Les théories ne sont que des constructions
mentales, affirme-t-il, des "modèles"
qu'il ne faut pas prendre pour le phénomène
modélisé: nous construisons notre réalité.
C'est probablement là le message essentiel
des théories "contructivistes" que
Watzlawick a contribué à diffuser tant
dans les milieux scientifiques que dans le grand public.
Personne ne peut revendiquer une "meilleure"
vision de la réalité qu'un autre au
nom de quelque critère objectif que ce soit,
seule l'utilité du modèle pour la résolution
du problème à traiter peut en justifier
l'usage et la valeur.
DECES
DE
PAUL WATZLAWICK
Avis
publié avec l'autorisation de la famille Watzlawick
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