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UNE ALTERNATIVE INTERACTIONNELLE AU DSM
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Le modèle originel de la « thérapie brève de Palo Alto » a connu, au cours de ces vingt dernières années, de nombreuses évolutions qui en ont largement augmenté le champ d’application ainsi que l’efficacité. Le repérage de nouvelles distinctions dans le décodage des situations cliniques ou relationnelles et les allers et retours entre le terrain et la conceptualisation ont permis de faire émerger, petit à petit, non seulement un « modèle revisité » mais, au-delà, une « logique » à la fois du fonctionnement et de la résolution des troubles mentaux (étiquetés ou non par la psychiatrie).
 
Cette évolution a conduit à la mise au point d’un mode de diagnostic original, le « diagnostic opératoire systémique et stratégique » (DOSS), fondé non plus sur les caractéristiques personnelles des patients mais sur les interactions entre l’individu et lui-même, les autres et le monde en général. Ce diagnostic est « opératoire » dans la mesure où il propose des procédures de traitement pragmatiques et efficaces découlant « logiquement »  du décodage des problèmes présentés par les patients ; le diagnostic posé est en quelque sorte validé par la résolution des problèmes, donc par la disparition des troubles. (« On connaît un problème par sa solution ! »)
 
La thérapie systémique et stratégique constitue une véritable alternative communicationnelle à l’approche médicale (et médicamenteuse) des troubles psychiques. Nous considérons que les méthodes de traitement dérivées de la « métaphore médicale » (l’assimilation des troubles psychiques aux maladies physiques) ne sont pas les plus appropriées, que la communication peut « guérir » et qu’une grande part de la souffrance et des troubles psychologiques et relationnels peuvent être traités efficacement par la communication. 
 
Cette méthode psychothérapeutique propose une étiologie des troubles fondée sur des prémisses cybernétiques et systémiques, reposant sur une vision systémique et constructiviste de l’être humain; l’unité prise en considération est l’individu vivant, c’est-à-dire en interaction continue avec son milieu. Chaque individu doit arriver à préserver son intégrité, son autonomie malgré les changements continuels se produisant tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de lui. La vie consiste donc en une suite ininterrompue de régulations de la relation à soi-même, aux autres et au monde en général, et la vie psychologique est la résultante de ces régulations. Il s’agit d’une approche non normative : les troubles psychologiques sont vus comme des dysfonctionnements de processus d’adaptation communs aux êtres humains (« normaux »). Comme nous sommes confrontés à des changements continuels (internes et externes), nous devons trouver les moyens de nous protéger, d’éviter les dangers, de nous alimenter et de nous reproduire, de protéger notre territoire et nos possessions, de construire de bonnes relations avec les autres, etc. Et nous utilisons tous les mêmes moyens fondamentaux pour y parvenir : affronter, éviter, contrôler, explorer, anticiper, évaluer, accepter, renoncer…
 
Mais il arrive que le recours à ces moyens soit inapproprié : un évitement trop systématique peut entrainer des conséquences plus pénibles que la situation redoutée (dissociation, isolement, renoncement…), la tentative de contrôle volontaire de certains phénomènes (les émotions, le comportement des autres, l’avenir…) peut conduire à des escalades et à une exacerbation paradoxale des symptômes, une croyance « erronée » peut engendrer des prophéties auto-réalisatrices aux effets dévastateurs. Bref, il apparaît que la rigidité, la tendance à généraliser certains moyens d’adaptation à toutes les situations qui se ressemblent, devient la source du problème (« Le problème, c’est la solution », P. Watzlawick).